25 novembre 2025
Mois de la sensibilisation aux handicaps indigènes : Honorer la force, l'identité et l'autodétermination
Mois de la sensibilisation aux handicaps indigènes : Honorer la force, l'identité et l'autodétermination
Collaborateurs : Elmira Izadi et Noor Al-Azary
Chaque année, en novembre, le Mois de sensibilisation aux handicaps autochtones (MSIA) invite la population canadienne à reconnaître et à honorer les contributions, le leadership et les expériences vécues des personnes autochtones handicapées. Créé en 2015 par l'IDC/BCANDS, l'IDAM est désormais observé à l'échelle nationale et internationale comme une occasion de célébrer la force, de sensibiliser aux inégalités et de faire progresser l'inclusion des personnes handicapées fondée sur la culture.
Ce mois n'est pas seulement celui de la visibilité, mais aussi celui de l'affirmation de l'identité, de la remise en question des récits coloniaux et de l'engagement en faveur d'un changement systémique. Les personnes handicapées autochtones détiennent des connaissances, une culture et des rôles communautaires qui ont longtemps été sous-évalués dans les systèmes occidentaux de handicap et d'emploi.6,7 Leurs expériences nous rappellent que l'inclusion n'est pas un geste, mais une responsabilité.
Dans le cadre de cet engagement, le CCRT est honoré de s'associer à IDC/BCANDS pour notre prochain article sur les tendances, qui explore les intersections de l'indigénéité, des handicaps et de l'emploi à travers le Canada. Lisez notre prochain article Trends sur les intersections de l'indigénéité et du handicap le 5 décembre ! Ce travail renforce ce que les communautés autochtones soulignent depuis longtemps : l'inclusion des personnes handicapées doit être fondée sur la sécurité culturelle, le leadership autochtone et les modes relationnels de connaissance.
Pourquoi le mois de sensibilisation aux handicaps indigènes est-il important ?
Les peuples autochtones connaissent des taux de handicap parmi les plus élevés au Canada, marqués par des générations de discrimination systémique, des politiques coloniales et un sous-investissement permanent.2 Pourtant, les expériences autochtones en matière de handicap restent sous-représentées dans le discours général sur le handicap.
L'IDAM attire l'attention sur :
- Le leadership et les atouts culturels des personnes autochtones handicapées
- Les conséquences du colonialisme, notamment les pensionnats, les déplacements et la discrimination persistante.11,9
- La valeur des systèmes de connaissances indigènes dans l'élaboration d'approches du bien-être accessibles et fondées sur la culture.
- Nécessité de mettre en place des systèmes d'emploi, de soutien aux personnes handicapées et de données gérés par les autochtones
L'IDAM rappelle que l'inclusion du handicap ne peut être séparée de la souveraineté indigène, de l'identité culturelle ou des réalités vécues des préjudices coloniaux.
Honorer les perspectives indigènes sur le handicap et le travail
Dans de nombreuses nations indigènes, le handicap est appréhendé à travers l'appartenance à la communauté, l'équilibre et la relationnalité. Cela signifie que notre identité et notre bien-être sont façonnés par nos relations avec la famille, la communauté, la terre et le monde naturel, plutôt que par un déficit ou une anomalie. Les anciens décrivent souvent les dons et les responsabilités de chaque personne plutôt que de se concentrer sur les déficiences.4,7 De nombreuses langues indigènes n'ont pas de traduction directe pour "handicap", ce qui reflète une vision du monde qui met l'accent sur l'inclusion plutôt que sur le fait de considérer le handicap comme un problème à résoudre.6
Ces perspectives remettent en question les systèmes médicaux occidentaux qui se concentrent souvent sur le diagnostic du handicap ou sur la mesure de ce qu'une personne peut ou ne peut pas faire. Pour les personnes indigènes handicapées, la navigation sur les lieux de travail coloniaux peut créer des tensions lorsque les systèmes ne s'alignent pas sur les définitions relationnelles du handicap et du travail.8
Le Mois de la sensibilisation aux handicaps indigènes rend hommage à ces cadres indigènes et nous rappelle pourquoi l'approche du Canada en matière d'inclusion des personnes handicapées doit tenir compte de ces définitions.
Examinons l'histoire de Sandra Pronteau, qui nous montre comment le handicap et l'indigénéité sont façonnés par les systèmes coloniaux, mais aussi par la communauté, la force, la résilience et l'identité.
Sandra Pronteau est une femme Cree-Métis et Ojibwe du nord du Manitoba, qui incarne la résilience au cœur du Mois de la sensibilisation aux handicaps autochtones.
Née avec des handicaps congénitaux liés à la contamination industrielle, Sandra a été profondément marquée par le "Sixties Scoop", une politique qui a retiré de force les enfants autochtones de leur famille pour les placer dans des familles d'accueil non autochtones.9 Elle a connu l'instabilité, la perte de sa culture et l'absence de mesures de soutien aux personnes handicapées fondées sur la culture. Plus tard, à l'âge adulte, Sandra a survécu à la coercition médicale pendant sa grossesse, ce qui fait écho à la longue histoire de stérilisation forcée des femmes autochtones et handicapées au Canada.
Malgré ces préjudices, Sandra a transformé son expérience vécue en leadership communautaire. Après avoir déménagé en Colombie-Britannique, elle a obtenu un certificat en counselling familial et communautaire et a passé près de dix ans à soutenir les femmes du quartier Downtown Eastside de Vancouver, où de nombreuses personnes sont confrontées au handicap, à la pauvreté, à la violence et aux traumatismes. Le succès de Sandra montre comment les systèmes coloniaux ont influencé les expériences du handicap et de l'indigénéité, tout en soulignant l'importance de la communauté et de l'identité.
Des barrières enracinées dans les systèmes coloniaux
Les inégalités auxquelles sont confrontées les personnes autochtones handicapées aujourd'hui sont enracinées dans une longue histoire de systèmes permanents qui rendent l'accès aux opportunités plus difficile pour les personnes autochtones handicapées, et non dans des limitations individuelles.
Barrières structurelles
Accès limité à des opportunités d'emploi stables et culturellement ancrées, en particulier dans les communautés rurales, nordiques et éloignées.5
Racisme systémique et discrimination fondée sur la capacité
Discrimination à l'embauche, exclusion dans les cultures du lieu de travail et processus d'adaptation normalisés non conformes aux modes de connaissance autochtones.8
Inégalités en matière d'éducation
L'héritage des pensionnats continue à influencer le niveau d'éducation, l'accès à la formation et la confiance dans les institutions.11,1
Méfiance culturelle
Les expériences de diagnostics imposés, d'institutionnalisation forcée et de recherche extractive contribuent à une profonde méfiance à l'égard des services qui manquent d'ancrage culturel.2
Barrières géographiques et technologiques
De nombreuses communautés isolées ne disposent pas d'un réseau Internet fiable, de moyens de transport ou de services locaux accessibles, ce qui limite l'accès à l'aide à l'emploi.
Les voies de l'avenir : Ce à quoi devrait ressembler l'inclusion
Les données disponibles au Canada mettent en évidence les pratiques qui favorisent une insertion professionnelle significative et ancrée dans la culture. Ces pratiques encourageant l'inclusion dans l'emploi visent à garantir aux personnes autochtones handicapées l'égalité d'accès à de bons emplois et à des lieux de travail qui respectent leurs identités et leurs façons de comprendre le travail.
Programmes dirigés par des autochtones et par la communauté
Les programmes ancrés dans le leadership autochtone - tels que ceux créés dans le cadre de la Stratégie pour les compétences et l'emploi des Autochtones (ASETS) - sont plus efficaces et inspirent davantage confiance.3
Soutien holistique et enveloppant
La réussite en matière d'emploi dépend de l'existence d'aides fondées sur la culture et liées à la santé, au logement, au bien-être mental, à la famille et à la communauté.8
Des approches flexibles et culturellement sûres
Les attentes occidentales rigides en matière de productivité et d'indépendance doivent céder la place à des modèles relationnels, flexibles et centrés sur la communauté.
Partenariats durables avec les employeurs
La recherche montre qu'une formation culturellement sûre, des aménagements proactifs et une collaboration à long terme avec les employeurs améliorent les résultats en matière d'emploi pour les personnes indigènes handicapées.10,8
Un appel à l'action
En novembre, nous vous invitons à :
- En savoir plus sur le Mois de la sensibilisation aux handicaps indigènes
- Soutenir les organisations de personnes handicapées dirigées par des autochtones, telles que IDC/BCANDS
- Réfléchir à la manière dont les systèmes peuvent mieux respecter les définitions indigènes des capacités, de l'identité et du bien-être.
- Créer ou défendre des environnements de travail culturellement sûrs et accessibles
- Célébrer et faire entendre la voix des personnes autochtones handicapées
Les personnes autochtones handicapées sont des gardiennes du savoir, des dirigeantes, des soignantes, des créatrices et des agents de changement. Ce mois-ci, nous rendons hommage à leur force. Chaque mois, nous nous engageons à construire un avenir où leurs droits, leurs identités et leurs contributions seront pleinement reconnus et respectés.
Références
- Bombay, A., Matheson, K. et Anisman, H. (2013). Les effets intergénérationnels des pensionnats indiens : Implications pour le concept de traumatisme historique. Transcultural Psychiatry.
- Durst, D., South, S. M. et Bluechardt, M. (2006). Urban First Nations People with Disabilities Speak Out. Journal of Aboriginal Health, 35, 34-43.
- Emploi et développement social Canada [ESDC]. (2020). Évaluation de la Stratégie pour les compétences et l'emploi des Autochtones et du Fonds pour les compétences et les partenariats. Canada.ca
- Hele, K. S. (2021). Les aînés autochtones au Canada. L'encyclopédie canadienne
- Indigenous Corporate Training Inc. [ICTINC]. (2019). 8 obstacles fondamentaux à l'emploi des autochtones. Travailler efficacement avec les peuples autochtones
- Ineese-Nash, N. (2020). Disability as a colonial construct (Le handicap en tant que construction coloniale). Revue canadienne des études sur le handicap
- Lovern, L. L. (2022). Indigenous Concepts of Difference". Disability Studies Quarterly. https://doi.org/10.18061/dsq.v41i4.8468
- Rivas Velarde, M. (2015). Les personnes handicapées autochtones : Accès à la formation et à l'emploi. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:125561
- Commission royale sur les peuples autochtones [CRPA]. (1996). Rassembler nos forces (Volume 3). PDF (EN ANGLAIS)
- Shier, M., Graham, J. R. et Jones, M. E. (2009). Barriers to employment as experienced by disabled people (Obstacles à l'emploi rencontrés par les personnes handicapées). Disability & Society, 24(1), 63-75.
- Commission de vérité et de réconciliation du Canada [CVR]. (2015). Honorer la vérité, se réconcilier pour l'avenir. PDF (EN ANGLAIS)
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